le Mythe Français

manuel .VALLS, ne croyez pas cet Hypocrite, diplomé d’histoire !

« il n’y a pas de Peuple Alsacien » Dixit

HEXAGONE et Nationalités

HEXAGONE à géométrie variable divisible par les nations annexées

———————————————————–( ndlr : Note de la Rédaction = ajouts)

Union de la Bretagne à la France ? qui serait indivisible ?

Union de la Bretagne à la France, traité de 1532 ?? Bien sûr que NON !! il s’agit d’un pur roman de fiction, le problème c’est qu’il dure encore . La France n’est pas indivisible, la preuve c’est qu’elle a perdu nombre de ses colonies, mais il en reste encore trop !

le  « roman français » créé par les mensonges des Hysto-riens.

le « roman français » ou le mythe de la nation française !

Extrait du RAPPORT D’INFORMATION – 3605 – sur le droit de la nationalité en France – Assemblée Nationale 29 juin 2011 – VALLS  et GOASGUEN
ET PRÉSENTÉ
PAR M. Claude GOASGUEN, Député.
en conclusion des travaux d’une mission d’information présidée par M. Manuel VALLS (1) Député.

La mission d’information est composée de :
M. Manuel Valls, président ; M. Claude Goasguen, rapporteur ; M. Abdoulatifou Aly, M. Claude Bodin, M. Éric Diard, M. Julien Dray, M. Christian Estrosi (2), M. Jean-Paul Garraud, M. Guénhaël Huet, M. Jean-Christophe Lagarde, Mme Sandrine Mazetier, Mme George Pau-Langevin, M. Bernard Roman, M. Éric Straumann, M. Christian Vanneste, M. Patrice Verchère.

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INTRODUCTION 7

MESDAMES, MESSIEURS,

( EXTRAITS : )
On s’étonnera probablement de l’objet de ce rapport. Il est vrai qu’à première vue, le droit de la nationalité en France ne constitue pas en soi un sujet dont le grand public s’empare spontanément.
Ainsi, depuis près de trente ans et le rapport fameux de M. Marceau Long (3), disserter sur les liens juridiques et politiques qui rattachent une personne (physique ou morale) à un État passe pour un exercice académique, un objet de curiosité savante laissée à la réflexion éclairée des juristes.
Il s’agit d’une erreur profonde car par-delà la complexité des procédures, l’enchevêtrement des règles et l’hermétisme des notions, la nationalité touche à des enjeux fondamentaux, tant pour la collectivité que pour ses membres.
le match amical de football entre la France et l’Algérie a pu montrer l’acuité.
On l’ignore souvent mais le droit de la nationalité est un droit relativement récent par rapport à notre longue histoire.
Il en découle 19 propositions qui, pour n’avoir pas recueilli l’assentiment de tous, n’en montrent pas moins l’ampleur des défis que nous devrons un jour ou l’autre relever s’agissant de l’enseignement de l’histoire, des modalités de naturalisation, et du phénomène de la plurinationalité. Ces propositions constituent des pistes de réflexion pour l’avenir. Mais le rôle d’une mission d’information est de faire réfléchir sur un sujet délaissé. La mondialisation conduira à une modification de l’ensemble des droits nationaux. Il ne s’agit pas d’une simple réflexion politique mais aussi juridique avec l’importante croissance des conflits positifs ou négatifs de nationalité qui se multiplient tant dans le domaine du droit civil que dans celui des affaires.
Certes, les sentiments ne se commandent pas, a fortiori celui de l’appartenance nationale, mais ils s’entretiennent. Que ce soit sous l’Ancien régime ou après la Révolution française – Alexis de Tocqueville l’a montré en des termes définitifs –, avant que d’être enseignée sur le tableau noir des écoles de la IIIe République, l’idée de l’unité française a logé dans la tête de quelques hommes d’État éclairés. Pour que le sentiment d’appartenance nationale naisse et s’exprime, il nous faut aujourd’hui renouer avec un récit national volontariste mais également réaffirmer nos valeurs républicaines, mieux partager notre langue. (avec les Bretons, Corse…etc NDLR)
La jurisprudence internationale, qui ira en s’accroissant, doit souvent recourir au concept de nationalité effective ou efficiente…

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I. UNE NATIONALITÉ VIDÉE DE SA SUBSTANCE DANS UN CONTEXTE MONDIALISÉ

Le droit de la nationalité tend aujourd’hui à devenir un droit « froid ». La promotion de la citoyenneté a conduit à parer cette dernière de la quasi-totalité des attributs de la nationalité qui, n’étant plus le passage obligé pour la jouissance de nombreux droits, a perdu tout contenu propre. Sans chair, le droit de la nationalité est également sans âme, ayant cessé d’être irrigué par la conception française de la nation (conception génocidaire , NDLR) qui elle-même s’épuise dans ce qui semble être les dernières pages du « roman national ».

A. UN « ROMAN NATIONAL » À BOUT DE SOUFFLE

Il y a près d’un quart de siècle, M. Marceau Long, président de la Commission de la nationalité, ouvrait ainsi son rapport au Premier ministre :
« État-nation(s : ndlr) par excellence, la France, héritière de la centralisation politique et culturelle constituée par la monarchie et renforcée par la légitimité révolutionnaire et la tradition jacobine, imposait que l’unité nationale fût doublée de l’unité culturelle, manifestée par l’emploi d’une même langue et la référence à une même histoire. (cette référence étant faussée par le fait d’une histoire récrite, ndlr) Tout particularisme, breton, occitan, italien ou juif, apparaissait comme une menace pour l’unité nationale. L’école de la IIIe République eut pour charge et pour effet de transformer (changer la forme, les territoires, les us et coutumes, les langues afin qu’ils ne sachent plus qui ils sont !  : ndlr) les petits Bretons, Corses, Provençaux, les fils de mineurs italiens ou polonais, les enfants du prolétariat juif d’Europe centrale, en citoyens de la République, parlant la même langue et partageant les mêmes valeurs culturelles et patriotiques » (4).(imposées par la Baïonnette et l’école punitive, négationniste des cultures et langues de l’Hexagone :ndlr)

Apparu au XVIIIe siècle, construit à la Révolution française, et étoffé sous la IIIe République le concept de nation (sauce française : ndlr ) a connu une longue et riche histoire qui semble aujourd’hui arrivée à sa fin, tant le « pessimisme national » assène l’idée que la nation n’est plus apte à jouer le rôle de « creuset » qui fut le sien.

1. La nation (française, ndlr) : histoire d’un concept (d’un Mythe : ndlr)

a) L’apparition du concept de nation sous l’Ancien Régime
Le concept de nation n’est apparu en France que très tardivement, à la fin de l’Ancien Régime. Le mot « nation » semble devenir usuel, dans sa signification actuelle, à partir du début du XVIIIe siècle : ainsi, l’édit de juillet 1717 sur les princes légitimés énonce qu’en cas de rupture de la lignée légitime des rois, ce serait « à la nation même » de désigner le nouveau roi. Le concept de « nation » émerge ainsi à la faveur de l’absolutisme, dans un régime monarchique où la distinction médiévale entre le corps physique et le corps politique du roi tend à s’atténuer pour finalement disparaître complètement (5). En ce début de XVIIIe siècle, la personne du roi se confond totalement avec la fonction royale, et, par là même avec l’État et la nation, au point que Bossuet a pu dire au sujet de Louis XIV que « tout l’État est en lui » et que « la volonté de tout le peuple est renfermée dans la sienne »(6). (Les Bretons ne la confondaient pas, ils n’étaient liés qu’à la couronne et à rien d’autre, ils étaient eux même une nation, voir la protestation à l’Europe, de Botherel le 13 février 1790 ndlr)

Sous l’Ancien Régime, la nation entretient donc une relation fusionnelle avec le roi.(ne pas confondre, Les Nations provinces étrangères, et le domaine Royal, 5 grosses Fermes, voir carte : ndlr) Le concept de nation n’a alors que peu en commun avec l’abstraction désincarnée que l’on connaît aujourd’hui : il s’incorpore tout entier dans la personne du monarque. Comme le note le professeur Élisabeth Zoller, « à la différence de la monarchie anglaise qui, dès les origines, travailla à séparer entre le roi, corps charnel, et le « roi en son Parlement », corps politique, la monarchie française est toujours restée fidèle à une relation fusionnelle entre le roi et la nation. Il n’y a jamais eu en France d’un côté le roi, et de l’autre la nation […] Lorsqu’à partir de 1615, les États généraux ne se réuniront plus, la nation n’aura plus d’expression institutionnelle si ce n’est la personne royale. […] Le roi faisait corps avec la nation qui faisait corps avec le roi, les deux étant indissolublement unis dans l’État »(7). C’est ce qui fit dire à Louis XV, lors de la fameuse séance de la Flagellation du 3 mars 1766, que « les droits et les intérêts de la nation, dont on ose faire un corps séparé du monarque, sont nécessairement unis dans mes mains et ne reposent qu’en mes mains ».

Si l’absolutisme a contribué à forger l’unité de la nation en l’incarnant dans une personne et dans une volonté uniques, il n’en reste pas moins que la Révolution française a profondément transformé le concept de nation en rompant avec l’idée qu’il puisse être incarné dans une personne ou dans un groupe de personnes.(ou dans les Peuples de l’hexagone, ndlr)

b) La définition et l’affirmation du concept de nation avec la Révolution française

La Révolution française a rompu avec l’idée que la nation puisse être incarnée par un corps physique ou social. L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ». Autrement dit, on ne conçoit plus que la nation puisse tout entière résider dans une assemblée ou dans la personne d’un chef d’État, qui ne peuvent tout au plus que la « représenter ». Pour reprendre la formule du professeur Élisabeth Zoller, « la nation n’est pas le peuple réel dans toute sa diversité, mais le peuple pensé dans ce qui fait son unité »(8).

La nation (française : ndlr) devient dès lors une construction intellectuelle (un MYTHE ! ndlr), une abstraction portant en elle l’intérêt général qui, à la différence du sens qui lui est donné dans les pays de culture anglo-saxonne, ne se confond pas avec la somme des intérêts particuliers. Non sans lien avec les thèses développées par Jean-Jacques Rousseau dans son ouvrage Du contrat social, l’intérêt général est pensé en France comme étant d’une autre nature que les intérêts particuliers : il n’en est pas le simple agrégat. Alors que le peuple forme l’accumulation et la juxtaposition de ces intérêts particuliers, la nation est le corps presque mystique dans lequel sont investies la définition de l’intérêt général et l’expression de la volonté générale (on connait depuis comment se déroulent les révolutions, par les magouilles et par les intérêts particuliers (tout était déjà discuté au club des jacobins par une dizaine de personnes, l’Assemblée n’avait plus qu’a entériner) ainsi qu’à coûts de génocides : NDLR)

C’est du moins ce qui ressort des propos de l’abbé Sieyès, qui, en 1788, dans son fameux ouvrage Qu’est-ce que le Tiers État ?, écrivait que « lorsque l’égoïsme paraît gouverner toutes les âmes, il faut que […] l’assemblée d’une nation soit tellement constituée que les intérêts particuliers y restent isolés »(9). La nation représente donc un intérêt d’une tout autre essence que les intérêts particuliers de chacun des trois ordres (noblesse, clergé et Tiers État) qui forment le peuple. Et c’est bien dans cet esprit que se forma l’Assemblée nationale.

En effet, le 17 juin 1789, des représentants des trois ordres – pour l’essentiel des députés du Tiers État, qui furent rejoints toutefois par quelques membres du clergé et qui invitèrent des nobles à s’associer à eux – refusèrent de siéger séparément comme le leur imposait la configuration des États généraux. Ils se réunirent en une assemblée unique en faisant abstraction de leurs origines sociales, de leurs appartenances locales et de leurs intérêts particuliers. Ils choisirent la dénomination d’Assemblée nationale, soulignant que cette dénomination était la seule qui convenait et que la représentation était « une et indivisible ».

Cette Assemblée était « nationale » parce que, composée de nobles, de prêtres et de députés du Tiers État, elle était investie de la définition et de la défense d’un intérêt qui transcendait les intérêts particuliers des trois ordres. En d’autres termes, la nation avait cessé de se matérialiser dans la personne du roi, pour devenir un concept désincarné correspondant au dénominateur commun des intérêts des Français, et susceptible d’être porté par des représentants qui ne se confondent pas pour autant avec lui.

Devenue une abstraction, la nation n’est plus un corps charnel et elle n’est pas non plus absorbée par le corps social ou politique de ses représentants. La nation n’étant plus une réalité matérielle, la représentation nationale ne résume pas non plus à un groupe de personnes ou à un bâtiment. C’est la raison pour laquelle, lorsque le roi refuse à l’Assemblée nationale l’accès à la salle de séance des États généraux le 20 juin 1789, les membres de cette Assemblée prêtent, dans la salle du Jeu de paume, le célèbre serment du même nom, dans lequel ils jurent « de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront », parce que « partout où ses membres sont réunis, là est l’Assemblée nationale ».

Dans la conception française de la nation, de la représentation et de la souveraineté nationales, le député est élu dans une circonscription mais il n’est pas l’élu de sa circonscription. Comme l’écrit le professeur Élisabeth Zoller, « le député français est l’élu de la nation ; il représente non ses électeurs, (Quelle démocratie ! , ndlr) non sa circonscription, mais la nation tout entière ; […] il représente toujours un intérêt national, et donc général, et non un (ou des) intérêt(s) particulier(s) »(10).

Le concept de nation n’a acquis l’abstraction qu’on lui connaît aujourd’hui que très tardivement, avec la Révolution française. C’est seulement au tournant des XVIIIe et XIXe siècles qu’il devient une construction intellectuelle à laquelle la définition de l’intérêt général et l’expression de la volonté générale donnent un contenu abstrait. ( la volonté générale imposée se nomme la dictature, quel que soit la forme de l’état, ndlr) La nation étant ainsi conçue, en faire partie suppose qu’on y adhère par un acte manifestant la volonté de reconnaître dans l’intérêt général le dénominateur commun de ses propres intérêts et de ceux des autres, quitte, s’il le faut, à sacrifier certains de ses intérêts propres si l’intérêt général le requiert. Faire partie de la nation exige de vouloir ce que veut la volonté générale indépendamment de ses volontés individuelles. En somme, l’appartenance à la nation devient indissociable d’une manifestation de volonté et de l’adhésion à une idée.

(NDLR : il faut savoir qu’en Aout 1792, à la Convention et création de la 1ère République, seul 10% des « français » ont votés. à peine plus que sous la royauté, et uniquement les Hommes. — Alors quelle représentativité de cette Révolution ?? …Quand on sait les génocides perpétrés et l’opposition d’une grande partie du royaume jusqu’à Marseille, cité indépendante… et des Provinces de l’Hexagone dites étrangères, alliées uniquement à la couronne, qui leur servait uniquement de protection en cas de guerre.)

c) La théorisation du concept de nation

Si le concept de nation s’est doté du contenu qu’on lui connaît aujourd’hui pendant la période révolutionnaire, il n’a été théorisé qu’à la fin du XIXe siècle, par l’écrivain, philosophe et philologue Ernest Renan, à l’occasion de son fameux discours en Sorbonne du 11 mars 1882, sur le thème Qu’est-ce qu’une nation ?(11).

Dans cette célèbre conférence, Ernest Renan a défini la nation comme étant « une âme, un principe spirituel », ajoutant que « deux choses constituent cette âme : […] la possession en commun d’un riche legs de souvenirs […et] la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis »(12). On retrouve dans cette définition la dimension volontaire dont s’est teinté le concept de nation en devenant une abstraction avec la Révolution française. La nation est non seulement un héritage mais aussi la volonté d’entretenir et de perpétuer cet héritage. La nation est une idée qui suppose qu’on y adhère (Bretons, Corses, Basques…etc n’y adhérant pas font-ils partis de la nation française ? NDLR) et qu’on manifeste cette adhésion au jour le jour par des « rituels ». La nation ne saurait se satisfaire d’un consentement originel, d’une histoire et d’une définition figée de l’intérêt général : elle exige au contraire un consentement renouvelé, une vision partagée de l’avenir et une définition évolutive de l’intérêt général. C’est en ce sens qu’Ernest Renan dit, à l’occasion de cette même conférence, que « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours »(13).

Formulée onze ans après l’annexion de l’Alsace et de la Lorraine par l’Empire allemand, la définition de la nation proposée par Renan s’inscrit dans un contexte de tensions avec l’Allemagne, concrétisées entre autres par un débat d’idées opposant deux conceptions de la nation. Dans la conception allemande, la nation est moins une idée à laquelle on adhère, des valeurs que l’on partage, un intérêt général auquel on consent, qu’une communauté de langue. Appartiennent à la nation tous ceux qui sont animés par « l’esprit du peuple » (Volksgeist), sorte de force supérieure, mystique, voire métaphysique, se manifestant dans la langue allemande. Ancrée dans les travaux du poète et philosophe Johann Gottfried von Herder, cette conception organique tend à incarner la nation dans un corps linguistique composé de tous ceux qui parlent la même langue.

C’est en contrepoint de cette conception linguistique de la nation que s’est construite la conception française que l’on peut qualifier d’« idéologique » au sens où elle est avant tout un socle d’idées et de valeurs partagées. (quelles idées et quelles valeurs ??? ndlr)

Adhérer à la nation ne signifie pas pour autant faire preuve de nationalisme. Le nationalisme a été défini par l’historien Ernest Gellner comme « un principe qui exige que l’unité politique et l’unité nationale se recouvrent »(14). Signalé en 1874 comme un néologisme par le dictionnaire Le Petit Larousse, le nationalisme y est défini comme visant à « exalter la défense et la grandeur de la nation ». Le mot « nationalisme » est ainsi apparu en France à la fin du XIXe siècle, à une époque où la France était soucieuse de redevenir un État-nation en réalisant à nouveau l’adéquation entre la structure étatique et le périmètre de la nation, adéquation qu’avait mise à mal la perte de l’Alsace et de la Lorraine en 1871. Animé d’un esprit de revanche caractéristique du nationalisme d’exclusion, le pays l’était aussi d’un esprit de conquête, propre au nationalisme d’expansion qui a présidé à la constitution de l’empire colonial. (contrairement à la France, en Angleterre le concept de nationalisme n’a pas un aspect négatif, ndlr)

Si Maurice Barrès employa le terme de « nationalisme » dans un article publié dans le journal Le Figaro en 1892, les thèses que le député boulangiste développa dans ses divers ouvrages reposent sur une conception dévoyée de la nation assimilée à la patrie. Alors que la nation est une construction intellectuelle attribuant à un corps mystico-politique la définition de l’intérêt général et l’expression de la volonté générale, la patrie est une notion matérielle désignant l’environnement, et plus précisément le territoire où l’individu naît, vit et meurt et où ses ancêtres ont vécu et sont enterrés (en allemand : Heimat ou Vaterland, pays des pères).

Alors que la nation relève du registre politique, la patrie relève du registre guerrier (c’est tout ce qui reste aux nations occupées pour se mobiliser :ndlr). Ainsi, lorsqu’en 1792, le territoire français est menacé par les armées autrichiennes et prussiennes, on parle de « patrie » en danger, et non de nation. Hanté par la perte de l’Alsace et de la Lorraine, et habité par l’esprit de revanche sur l’Empire allemand, Maurice Barrès exalta ainsi dans Le système nerveux central, « le culte des morts et de la terre où ils ont vécu et souffert, de la religion et de la patrie »(15). Et c’est bien à la patrie, plus qu’à la nation au sens strict, qu’il pense quand, dans sa trilogie intitulée Le Roman de l’énergie nationale, il célébra l’attachement aux racines (16), et quand, dans le célèbre discours « La Terre et les Morts », prononcé le 10 mars 1889 devant la Ligue de la patrie française, il appela à « restituer à la France une unité morale, [et à] créer ce qui nous manque depuis la Révolution : une conscience nationale ».

Comme en témoignent le développement d’un nationalisme exacerbé au tournant des XIXe et XXe siècles, et la confusion qui, concomitamment, enveloppe progressivement son concept, le concept de nation a connu une évolution dans les premières décennies de la IIIe République. Alors que la nation en tant que concept était dévoyée et assimilée à la patrie, au patriotisme et au nationalisme, et alors que la nation en tant que construction politique fondée sur la représentation était malmenée à travers l’antiparlementarisme galopant, paradoxalement, la nation n’a jamais autant été célébrée à travers le « roman national » inculqué aux jeunes Français (l’Histoire recomposée, récrite, trafiquée afin de créer un semblant d’une unité , ndlr ) pour lesquels, depuis le début des années 1880, l’enseignement primaire était obligatoire (et punitif, ndlr), et notamment à travers les manuels de Paul Vidal de La Blache ou d’Ernest Lavisse, qui nourrissaient l’imagination des enfants des légendes de Charlemagne, de Jeanne d’Arc ou d’Henri IV (17). De construction intellectuelle liée à la définition de l’intérêt général, à l’expression de la volonté générale, et au tracé du présent et de l’avenir d’un corps politique qu’elle était depuis 1789, la nation est devenue en cette fin de XIXe siècle synonyme de mémoire, d’histoire et d’héritage dans une optique de légitimation du régime républicain. (et surtout d’Histoire trafiquée ! : ndlr)

Si la nation a été mise en exergue après la défaite de 1870, c’est en effet non seulement dans un souci de revanche militaire, mais aussi d’affirmation d’un régime républicain balbutiant qui, menacé tour à tour par les tentations monarchistes, boulangistes et anti-parlementaristes, a eu besoin de renouer avec la conception révolutionnaire de la nation en l’ancrant dans les symboles. C’est en 1879 que la toute jeune IIIe République, née dans la douleur et presque par hasard en 1875, se dote d’un hymne national (La Marseillaise). En 1880 est votée la loi faisant du 14 juillet la fête nationale annuelle commémorant la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, où les Français, par-delà les différences liées à leurs origines sociales et géographiques, par-delà les ordres auxquels ils avaient appartenu sous l’Ancien Régime, avaient communié autour d’un roi qui avait alors prêté serment à la « nation » et à la loi. (pas les Bretons ni les vendéens ni autres révoltés dans tout l’Hexagone en 1793…, ndlr) Au début des années 1880, la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est adoptée comme symbole officiel de la République et orne les frontons des institutions publiques. Dans le même temps, les statues et les bustes de Marianne fleurissent sur les places et dans les mairies. Tout était fait pour montrer qu’après près d’un siècle de changements de régimes, « la Révolution entrait au port », pour reprendre l’expression de l’historien François Furet(18). Ce faisant, la dimension prospective qu’avait la nation en 1789 s’effaçait devant l’entreprise rétrospective du régime républicain qui a conduit à rattacher la nation au passé et à en faire un héritage.

Le « roman national », dont l’écriture commença aux débuts de la IIIe République, est indissociable de l’affirmation d’un régime républicain qu’il était nécessaire de relier au concept de nation forgé pendant la Révolution française pour lui donner force et légitimité. (car en fait elle n’en avait pas vraiment de légitimité ! ndlr) Et tout au long de la IIIe République, on n’aura de cesse d’étoffer ce roman et d’en poursuivre l’écriture en intégrant peu à peu le legs de l’Ancien Régime. La nation républicaine s’est progressivement présentée comme la synthèse, le « compromis » entre la nation révolutionnaire et la nation monarchique.

Lors de son audition, l’historienne Anne-Marie Thiesse a montré aux membres de la mission d’information comment la IIIe République s’était efforcée d’intégrer dans le « roman national » les plus farouches opposants à la Révolution : la noblesse, le clergé réfractaire, mais aussi les « pays » de l’Ancien Régime, qui, correspondant en quelque sorte à nos actuelles « régions », étaient riches de cultures, de langues et de coutumes qui avaient renâclé à se fondre dans une République unitaire, jacobine et centralisatrice. (renâclé, le mot est faible, ndlr )  Au tournant des XIXe et XXe siècles, le régionalisme fut pourtant toléré voire encouragé avec l’idée que « l’amour de la petite patrie était le fondement de la grande patrie »(19). Il s’agissait de faire émerger un « esprit » ou un « génie » national en adossant la nation à un passé assumé et pacifié pour mieux parvenir à constituer la nation en « communauté politique imaginée » (20) et soudée autour d’un régime républicain accepté de tous. (intégration par la Baïonnette, et la police politique, voilà la pacification : ndlr)

L’historien Pierre Nora, dans l’ouvrage collectif Les Lieux de mémoire, qu’il a dirigé de 1984 à 1992, retrace la genèse de ce « roman national » en décrivant les monuments, les écrits voire les événements qui ont échappé à l’oubli grâce à l’affect et aux émotions que la collectivité y a investis, que ce soit le Palais Bourbon, L’Histoire de France d’Ernest Lavisse ou les funérailles de Victor Hugo(21). Des monuments aux morts à La Marseillaise, il s’agit d’objets plus ou moins abstraits qui ont jalonné la construction de la nation et du sentiment d’appartenance nationale.

Avec l’écriture du « roman national » apparaît l’idée qu’on puisse « se sentir » Français et en tirer une fierté. À l’inverse, celui qui ne vibre pas à la lecture du « roman national » peut apparaître comme n’appartenant pas à la nation. (Bretons, Basques, Corses …etc, NORMAL ils ont leurs propre NATION , ndlr) C’est ainsi que l’historien Marc Bloch écrivit en 1940, dans L’Étrange défaite, qu’il y a « deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir de Reims, et ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération »(22). À compter de la IIIe République, faire partie de la nation française, c’est non seulement consentir à ce que ses intérêts particuliers soient sacrifiés au nom de l’intérêt général et soumettre sa volonté individuelle à la volonté générale, mais aussi tenir en affection une histoire commune, empruntant à la fois à la Révolution et à l’Ancien Régime.

Selon l’historien Pierre Nora, la nation revêtait sous la IIIe République une triple dimension : juridique, en tant que pouvoir constituant ; sociale, en tant que collectivité d’individus égaux devant la loi ; et historique, en tant que collectivité d’individus réunis par un sentiment d’appartenance reposant sur un patrimoine culturel et sur une forme de solidarité dans le présent et pour l’avenir(23). Selon ce même historien, la IIIe République a construit un modèle de nation caractérisé par sa capacité de synthèse entre l’héritage de la Révolution et celui de l’Ancien Régime. L’école a été le véhicule du concept de nation ainsi entendu. Pour lui, « vous pouviez être aristocrate descendant de nobles guillotinés, fils de Polonais de la première génération, petit-fils de communard fusillé, à partir du moment où vous étiez à l’école, vous étiez un petit Français comme les autres »(24).

Mais ce modèle républicain de la nation a vécu, selon M. Pierre Nora. La grandeur de la nation chantée par le « roman national » a été ébranlée au cours du XXe siècle par trois « défaites masquées ». La victoire de 1918 n’a en effet été que l’aboutissement d’un suicide collectif au niveau européen. La victoire de 1945 n’a été arrachée, in extremis, que par l’action du général de Gaulle.(et … »l’aide des Bretons, 1/4 de l’Hexagone »…dixit de gaulle : ndlr) Et la décolonisation s’est soldée par la défaite de la France à Diên Biên Phu en 1954 et par le retrait d’Algérie en 1962. Depuis, la France n’a pas connu de conflit majeur sur son territoire métropolitain, au point que, selon M. Pierre Nora, la nation française, dont l’affirmation s’est nourrie des conflits et des menaces militaires, est, pour ainsi dire, « en péril de paix »(25). À l’aube du XXIe siècle, le concept de nation semble menacé par une « sortie de l’Histoire ». (nulles mentions des revendications explosives des Bretons, Corses et Basques…qui ne se sentent pas français, pour une bonne raison,  ils ne le sont pas !! ndlr)

d) La crise du concept de nation

Le concept de nation (sauce française :ndlr), tel qu’apparu pendant la Révolution française et étoffé sous la IIIe République, est aujourd’hui en crise, confronté qu’il est, selon M. Pierre Nora, à des mouvements en sens contraires qui l’exposent à un risque d’éclatement : par le haut, du fait de l’intégration difficile et incertaine au sein de l’Europe, et par le bas, du fait d’une décentralisation valorisant notamment les régions (Anciennes Nations, dénommées provinces, puis régions ou territoires qui sont occupées par les forces françaises d’occupation dites F.F.O : ndlr). Tiraillé à la verticale par ces pressions en sens contraires, le concept de nation est miné à l’horizontale par des idéologies transnationales (jadis le communisme, et aujourd’hui l’écologie), par la mondialisation, par l’individualisme et par le communautarisme. (le communautarisme Breton, Corse, Basque, Alsacien, Savoisien ??? …c’est sûr ! : ndlr)

Dans un entretien accordé le 17 mars 2007 au journal Le Monde, M. Pierre Nora identifiait, parmi les facteurs de crise du concept de nation, « la réduction de la puissance de la France depuis la fin de l’empire colonial », « l’altération des paramètres de la souveraineté : territoire, frontières, service militaire, monnaie avec la disparition du franc », la désagrégation des formes d’autorité qu’ont été les familles, les Églises et les partis, l’urbanisation du territoire et de la population, et l’arrivée d’une nouvelle immigration, « plus difficile à soumettre aux normes des lois et coutumes françaises »(26). (c’est ce qu’ont subit les Bretons, les Basques, les corses avec leurs lois et coutumes…etc lors des colonisations françaises ! , ndlr)

Selon lui, tout en prétendant s’affirmer au détriment de la nation, des communautés et minorités – régionales, religieuses, sexuelles – exigent paradoxalement d’elle une forme de reconnaissance. Ainsi en est-il des régionalismes qui sont parvenus à faire inscrire dans la Constitution, à l’article 75-1, que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », alors même que l’article 2 de la même Constitution dispose que « la langue de la République est le français ». Remettant en cause l’un des fondements de la nation, à savoir la langue française, les régionalismes ont néanmoins acquis une reconnaissance dans la loi fondamentale que s’est donnée la nation.

C’est le même besoin d’affirmation à la fois contre et à travers la nation qui a présidé aux votes des lois mémorielles non normatives du 29 janvier 2001 (loi n° 2001-70 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915), du 21 mai 2011 (loi n° 2001-434 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité) et du 23 février 2005 (loi n° 2005-158 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés). (mais toujours pas de reconnaissance du génocide Britto-Vendéen et autres … : ndlr)

Suivant M. Patrick Weil, on peut dire que certaines de ces lois mémorielles sont l’expression d’un phénomène de « désidentification », au sens où la nation s’est morcelée en perpétuant notamment la mémoire de discriminations existant autrefois au détriment de certaines catégories de Français dans le droit de la nationalité. Selon lui, les Juifs, dénaturalisés ou déchus de leur nationalité entre 1940 et 1944, auraient vécu le discours prononcé par le général de Gaulle le 27 novembre 1967 comme l’expression d’un rejet de la part du « père de la nation »(27). Et les musulmans d’Algérie, relégués à l’époque coloniale dans une nationalité mineure leur imposant des démarches administratives pour bénéficier des droits attachés à la nationalité française alors même qu’ils étaient ressortissants français, auraient vécu la réforme du droit de la nationalité de 1993 comme une réactivation douloureuse du statut colonial (28). Disloquée, la mémoire nationale a ainsi laissé le champ libre à des mémoires de groupe qui lui ont fait concurrence au point de l’entamer et de l’oblitérer.

L’attitude ambivalente des communautés et minorités à l’égard de la nation (minorités pour la France, mais Nationalités et Nations pour les Bretons, Corses et Basques qui ne sont nullement des minorités .. ou alors l’on peut dire que la France est une minorité dans l’Europe , cqfd…NDLR) est le signe que si les Français ne sont plus prêts à mourir pour la nation, ils l’adorent néanmoins. Mais il ne s’agit plus tout à fait du même concept de nation ni du même sentiment d’appartenance nationale. Selon M. Pierre Nora, il existe ici un sentiment d’attachement que l’on peut presque qualifier d’amoureux et qui relève plutôt du sentimentalisme. Ce sentiment d’appartenance nationale ainsi métamorphosé s’investit plus dans les joutes sportives ou dans un certain « bonheur français » fait de paysages, de traditions et d’autres richesses du patrimoine culturel, que dans des combats militaires ou dans la définition de l’intérêt général. Pour reprendre la formule de M. Pierre Nora, « il n’y a plus de roman national, mais une romance nationale »(29). (romance qui sent la rose et au goût d’hémoglobine : ndlr)

(qu’est-ce que L’Alsace  ? une minorité, une région, ou un peuple, une nation niée dans le plus profond de son identité historique : ….Manuel VALLS « il n’y a pas de peuple Alsacien !  »  …- ndlr)

———————————————–A SUIVRE prochainement la suite ….

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